Échelle de sévérité de l’hypersomnolence
Outil dimensionnel pour l'évaluation de la sévérité, de la détresse et du retentissement fonctionnel de l'hypersomnolence diurne excessive — validé dans les troubles centraux de l'hypersomnolence (narcolepsie, hypersomnie idiopathique), le SAHOS et les troubles de l'humeur (dépression, trouble bipolaire). Complémentaire à l'ESS (Échelle d'Epworth) pour une évaluation plus complète.
Interprétation du score
Le score total varie de 0 à 36. Le HSI mesure deux dimensions complémentaires : les symptômes d'hypersomnolence (fréquence, durée, difficulté à rester éveillé) et leur retentissement / détresse (impact fonctionnel, qualité de vie, risque accidentel). Les seuils cliniques sont les suivants :
En pratique : analyser séparément les items "symptômes" (facteur 1) et "retentissement/détresse" (facteur 2) pour personnaliser la prise en charge — un score élevé sur le facteur retentissement seul, avec peu de symptômes objectifs, oriente vers une composante anxio-dépressive plutôt qu'un trouble primaire du sommeil.
Quand utiliser cet outil
Le HSI est indiqué dans les situations suivantes :
• Bilan d'hypersomnolence inexpliquée : complément de l'ESS (Échelle d'Epworth) pour quantifier le retentissement et la détresse dans le bilan initial d'une somnolence diurne excessive persistante.
• Narcolepsie et hypersomnie idiopathique : outil de suivi de la sévérité et de la réponse au traitement (modafinil, pitolisant, oxybate de sodium) — sensible aux changements cliniques sous traitement.
• Psychiatrie : évaluation de l'hypersomnolence dans la dépression, le trouble bipolaire (phase dépressive) et le trouble bipolaire avec hypersomnie atypique — contexte dans lequel le HSI a été initialement développé et validé.
• Évaluation du risque accidentel : la sous-échelle retentissement du HSI est sensible au risque d'accidents liés à la somnolence, en complément de la BOSS pour les conducteurs.
• Recherche clinique : critère de jugement standardisé dans les essais thérapeutiques sur les hypersomnolences centrales.
Limites de l'échelle
• Outil relativement récent : le HSI a été développé en 2019 et validé en clinique du sommeil en 2021. Sa diffusion en pratique clinique française reste plus limitée que l'ESS. Les données normatives en population générale française sont encore incomplètes.
• Validation initiale en population psychiatrique : l'outil a d'abord été développé et validé dans des populations bipolaires et dépressives. Sa performance dans d'autres contextes (médecine générale, pédiatrie) nécessite des études complémentaires.
• Mesure subjective : comme l'ESS, le HSI repose sur la perception du patient. Il ne se substitue pas aux mesures objectives (TILE, TME, polysomnographie) pour le diagnostic des troubles centraux de l'hypersomnolence.
• Non diagnostique : un score élevé oriente vers une hypersomnolence cliniquement significative mais ne suffit pas à établir le diagnostic d'hypersomnie idiopathique ou de narcolepsie, qui requièrent des critères ICSD-3 incluant des examens paracliniques.
Données probantes
Validité clinique — Le HSI démontre une bonne validité pour identifier une hypersomnolence cliniquement significative et distinguer les niveaux normaux et pathologiques de somnolence diurne excessive, aussi bien en population clinique que générale. Sa validité critérielle est soutenue par une association divergente avec les troubles centraux de l'hypersomnolence vs l'insomnie chronique [1].
Corrélation avec les outcomes fonctionnels — Les scores HSI sont significativement associés à un retentissement fonctionnel altéré, une performance cognitive réduite et un risque accidentel accru, confirmant la pertinence clinique de l'outil au-delà de la simple mesure de la somnolence [2].
Cohérence interne et fiabilité — Le HSI présente une cohérence interne élevée et une bonne fiabilité test-retest, avec une structure bifactorielle confirmée (symptômes d'hypersomnolence / retentissement-détresse) stable entre les populations cliniques. La convergence avec l'ESS est bonne (r = 0,65) [3].
Applicabilité transnosographique — Le HSI a été utilisé dans des populations variées incluant la narcolepsie, l'hypersomnie idiopathique, le SAHOS et les troubles de l'humeur, démontrant une applicabilité large en médecine du sommeil et en psychiatrie [4].
Littérature scientifique
Kaplan, K. A., Plante, D. T., Cook, J. D., & Harvey, A. G. (2019). Development and validation of the Hypersomnia Severity Index (HSI): A measure to assess hypersomnia severity and impairment in psychiatric disorders. Psychiatry research, 281, 112547. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2019.112547
Fernandez-Mendoza, J., Puzino, K., Amatrudo, G., Bourchtein, E., Calhoun, S. L., Plante, D. T., & Kaplan, K. (2021). The Hypersomnia Severity Index: reliability, construct, and criterion validity in a clinical sample of patients with sleep disorders. Journal of clinical sleep medicine : JCSM : official publication of the American Academy of Sleep Medicine, 17(11), 2249–2256. https://doi.org/10.5664/jcsm.9426
Sources
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