Échelle de Horn & Ostberg — évaluation du chronotype

Questionnaire de chronotype validé permettant d'évaluer les préférences circadiennes d'un patient. Utilisé en médecine du sommeil, en psychiatrie et en chronobiologie pour identifier les profils matinaux, vespéraux ou intermédiaires, orienter la prise en charge des troubles du rythme veille-sommeil, adapter les recommandations d'hygiène du sommeil et évaluer l'impact du travail posté sur la santé.

Envoyez ce questionnaire automatiquement à vos patients avant la consultation et retrouvez les résultats directement dans votre logiciel médical

Envoyez ce questionnaire automatiquement à vos patients avant la consultation et retrouvez les résultats directement dans votre logiciel médical

Interprétation du score

Le score total varie de 16 à 86. Les cinq profils circadiens sont les suivants :

Loading...

Le chronotype évolue au cours de la vie : tendance vespérale à l'adolescence et chez l'adulte jeune, puis glissement progressif vers le type matinal après 50 ans. Interpréter le score en tenant compte de l'âge du patient.

Quand utiliser cet outil

Le questionnaire de Horn & Östberg est indiqué dans les situations suivantes :

• Insomnie d'endormissement : différencier une insomnie primaire d'un trouble de phase circadienne (syndrome de retard de phase) — diagnostic qui change radicalement la prise en charge (luminothérapie vs. TCC-I).

• Dépression et troubles bipolaires : le chronotype oriente le choix et le timing de la luminothérapie, et peut expliquer l'inefficacité d'un traitement prescrit à un horaire inadapté au rythme du patient.

• Médecine du travail : évaluation de l'aptitude aux horaires décalés ou de nuit, orientation des aménagements de poste pour les travailleurs présentant une fatigue chronique ou des difficultés de récupération.

• TDAH de l'adulte : le type vespéral est fréquemment associé au TDAH ; identifier le chronotype guide l'horaire de prise du traitement et les conseils d'hygiène du sommeil.

• Chronothérapie : avant toute prescription de mélatonine ou de luminothérapie, le MEQ permet d'objectiver le chronotype et de personaliser le protocole thérapeutique.

Limites de l'échelle

Mesure subjective des préférences : le MEQ mesure les préférences circadiennes ressenties par le patient, pas les rythmes biologiques objectifs. Chez les patients sous contraintes sociales fortes (horaires imposés, dette de sommeil chronique), le score peut ne pas refléter le chronotype biologique réel — on parle de "jet lag social".

Variation avec l'âge : le chronotype évolue tout au long de la vie. Un score obtenu à 20 ans ne prédit pas le chronotype à 60 ans. Répéter l'évaluation lors des transitions de vie majeures (retraite, adolescence, post-partum).

Non diagnostique des troubles circadiens : un score vespéral franc évoque un syndrome de retard de phase mais ne le confirme pas. L'actigraphie et le dosage de la mélatonine salivaire (DLMO) restent les examens de référence pour le diagnostic formel.

Longueur : avec 19 items, le MEQ est plus long que d'autres outils de dépistage. En consultation courte, le MEQ réduit à 5 items (rMEQ) peut être utilisé comme alternative, bien que moins précis.

Les résultats de ce questionnaire ne sauraient se substituer au jugement clinique ni guider seuls la prise en charge du patient.

Données probantes

  • Validité clinique — Le questionnaire de Horn & Östberg est l'outil le plus utilisé et le mieux validé pour évaluer le chronotype. Il différencie efficacement les préférences du matin et du soir en population clinique et générale, et constitue la référence internationale en chronobiologie clinique [1].

  • Corrélation avec les marqueurs biologiques — Les scores MEQ corrèlent avec des marqueurs circadiens objectifs, notamment le timing de la sécrétion de mélatonine (DLMO) et les variations de la température corporelle centrale, confirmant la pertinence physiologique de l'outil au-delà de la simple auto-évaluation [2].

  • Cohérence interne et fiabilité — Le questionnaire démontre une bonne cohérence interne et une fiabilité test-retest élevée dans différentes versions linguistiques et populations, confirmant la stabilité de la mesure du chronotype dans le temps et entre les cultures [3].

  • Robustesse populationnelle — Le MEQ a été validé dans des populations très diverses en termes d'âge, de culture et de contexte professionnel, ce qui le rend applicable dans tous les contextes cliniques, de la médecine générale à la médecine du travail [4].

Littérature scientifique

  • Horne, J. A., & Östberg, O. (1976). A self-assessment questionnaire to determine morningness-eveningness in human circadian rhythms. International Journal of Chronobiology, 4(2), 97–110. 

  • Zhang, L., Evans, D. S., Raheja, U. K., Stephens, S. H., Stiller, J. W., Reeves, G. M., Johnson, M., Ryan, K. A., Weizel, N., Vaswani, D., McLain, H., Shuldiner, A. R., Mitchell, B. D., Hsueh, W. C., Snitker, S., & Postolache, T. T. (2015). Chronotype and seasonality: morningness is associated with lower seasonal mood and behavior changes in the Old Order Amish. Journal of affective disorders, 174, 209–214. https://doi.org/10.1016/j.jad.2014.11.039 

  • Shahid A, Wilkinson K, Marcu S, Shapiro CM. Morningness-Eveningness Questionnaire. STOP, THAT and One Hundred Other Sleep Scales. 2011;231–4. https://www.med.upenn.edu/cbti/assets/user-content/documents/Morningness-Eveningness%20Questionnaire.pdf

  • Kantermann, T., Sung, H., & Burgess, H. J. (2015). Comparing the Morningness-Eveningness Questionnaire and Munich ChronoType Questionnaire to the Dim Light Melatonin Onset. Journal of biological rhythms, 30(5), 449–453. https://doi.org/10.1177/0748730415597520 

  • Hwang, H., Lee, T., Lee, W., Kim, K. M., Heo, K., & Chu, M. K. (2024). Validity and Reliability of the Korean Version of Reduced Morningness-Eveningness Questionnaire: Results From a General Population-Based Sample. Journal of Korean medical science, 39(38), e257. https://doi.org/10.3346/jkms.2024.39.e257


  • Reiter, A. M., Sargent, C., & Roach, G. D. (2021). Concordance of Chronotype Categorisations Based on Dim Light Melatonin Onset, the Morningness-Eveningness Questionnaire, and the Munich Chronotype Questionnaire. Clocks & sleep, 3(2), 342–350. https://doi.org/10.3390/clockssleep3020021 

  • Miguel, M., Oliveira, V. C., Pereira, D., & Pedrazzoli, M. (2014). Detecting chronotype differences associated to latitude: a comparison between Horne--Östberg and Munich Chronotype questionnaires. Annals of human biology, 41(2), 105–108. https://doi.org/10.3109/03014460.2013.832795